jeudi 10 novembre 2011

C'est le darkness !


Deux règles de base quand on descend dans les catacombes... On ne révèle ni le lieu d'entrée, ni le lieu de sortie ! Donc pas de photo ! Je n'en savais rien, mais le troglodyte que l'on devine sur la photo était formel. Pourquoi ? Sans doute pour éviter que les accès ne soient condamnés. Peut-être aussi pour entretenir le mythe des catacombes. En tout cas, il faut croire que le secret des accès est bien gardé parce que parmi les gens que je connais (dont un bon nombre de parisiens pourtant), pas un seul n'est déjà descendu. Et jusque là, moi non plus. J'avais eu la curiosité sordide un jour de descendre dans les catacombes officielles vers Denfert-Rochereau, aller admirer les empilements d'ossements et autres tas de crânes soigneusement rangés... Mais ce coup-ci, c'était pour de vrai, loin des couloirs proprets et éclairés... Je débarquais dans le darkness !
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Premier constat en arrivant en bas. On ne voit rien. Et on avait beau m'avoir prévenu qu'il fallait absolument rapporter une lampe torche, j'étais venu sans rien. En même temps, je ne me sers pas tous les jours d'une lampe de poche, donc j'ai eu beau fouiller tous mes tiroirs et autres placards... Rien ! Et comme un dimanche, tu peux chercher un moment avant de trouver un Decathlon ouvert... Du coup, j'avais même pas essayé d'aller acheter quoique ce soit. Mais j'aurais peut être dû ! Parce qu'à marcher sans savoir où tu poses les pieds, ce qui devait arriver arriva... J'ai embrassé le bitume (enfin, le calcaire...) ! Au détour d'un virage, le sol était glissant à souhait. Bref, sans commentaire. L'appareil photo a volé, le bonhomme avec... Et pourtant jusqu'ici tout va bien ! C'est après qu'on rentre dans le dur ! Quand tu te rends compte que lorsqu'on t'a prévenu pour les bottes, c'était pas une lubie de mec bizarre !
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Seulement voilà, pas de Décathlon, pas de bottes... J'avais prévu un système D à base de sacs poubelles, en me disant naïvement que ça pourrait être étanche un moment. Et effectivement, mon système fonctionnait... mais en bon fils raté de Mc Gyver que je suis, ça a marché 10 mètres... Et les problèmes n'arrivant jamais seul, on entrait dans des portions où le plafond s'abaissait de plus en plus. A un tel point que tu te retrouves rapidement à marcher en canard. Et là, tes cuisses te font soudainement remarquer que tes délires d'Indiana Jones à trois balles, c'est sympa, mais qu'à ce rythme, il te faudra plusieurs jours pour te remettre !
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(il y a quelques années, j'allais à la fac rue d'Assas...)
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Alors pourquoi faire la balade, si c'est pour se vautrer, avoir les cuisses en feu et les pieds trempés...? Peut être pour ces moments, qui ne sont pas rares, où l'on se retrouve en contact avec un passé qui nous est totalement étranger. Voir des noms de rue, un peu partout, des inscriptions sur les blocs de pierre rappelant l'existence passée de carrières... Passer dans une salle qui a servi de bunker à ces saletés d'Allemands pendant la seconde Guerre Mondiale... Rentrer dans une pièce qui autrefois servait de brasserie... Bref, on se laisse vite porter par l'histoire du lieu. Elle transparaît à chaque instant. Impossible de l'ignorer. Mais l'histoire ne fait pas tout,  l'ambiance mystique qui règne dans les salles recouvertes de grafs aide aussi à faire des catacombes un endroit assez hors norme !
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Après plusieurs heures de marche, le dos éclaté par les kilomètres avalés penché en avant, c'était le bon moment pour se faire une petite frayeur. "Mais on est où ?". C'est le genre de phrase qui, à 4 heures du mat', sonne mal. Mais voilà, le guide, lui, est prévoyant. En plus de connaître parfaitement les endroits où il nous a amené, il avait une carte. Inutile de dire qu'elle n'est pas fournie par l'office du tourisme... Mais elle a le mérite d'être complète, ce qui après une dernière heure d'effort, nous a permis de sortir, telles des Tortues Ninja, via une plaque d'égoût. Bref, à tous les niveaux, cette soirée, c'était un vrai rêve de gosse qui se réalisait !
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Un grand merci à M. Le guide.
Je redescends quand vous voulez !

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